Le comptage des vélos, un outil pour les « Smart Cities »

L’éco-compteur, un outil de mesure et de développement des déplacements cyclables

Promouvoir l’écomobilité est une bonne chose, mais pouvoir observer le fruit d’un effort global est d’autant plus intéressant. C’est pourquoi aujourd’hui, beaucoup de villes utilisent un système de comptage des vélos autrement appelé « éco compteur ». Cette démarche mesure la fréquentation de certaines voies piétonnes et pistes cyclables. De quoi alimenter la soif de données de ce qu’on appelle la « smart city »: en effet, la récolte de données globales générées par les habitants favorise une certaine efficience des municipalités et permet aux villes d’adapter leur environnement urbain en le rendant le plus agréable possible et en phase avec les habitudes des citadins.

totel eco compteur

 

Pourquoi nos villes utilisent des compteurs à vélo ?

À quoi bon se lancer des défis, qu’ils soient personnels ou collectifs, si nous ne pouvons en évaluer les résultats ? En plus d’être frustrant, cela n’encourage pas à continuer le travail déjà mis en œuvre. C’est pourquoi les villes françaises tendent à beaucoup mieux calculer l’évolution des habitudes de mobilité de leur population. Le comptage vélo rentre alors dans ce procès de « smart city » car il apporte des données importantes pour les villes. C’est notamment grâce à ces données que les communes peuvent mieux anticiper et planifier des projets cohérents avec les besoins publics.

 

Pourquoi mesurer le nombre de cyclistes ?  

Le comptage vélo a été créé dans un but de connaissance du réseau d’aménagements urbains, d’évaluation et de gestion intelligente du trafic. Les informations récoltées permettent aux municipalités de :

  • connaitre le nombre de personnes qui utilisent le réseau cyclable
  • mieux évaluer l’ampleur des besoins en aménagements

Les statistiques et analyses prouvant que la fréquentation des pistes cyclables et trottoirs est croissante viennent justifier des investissements publics plus importants et aident les décideurs à orienter leurs choix stratégiques.

 

schéma d'une smart city

Une ville plus évolutive grâce aux vélos

Ce système de comptage de vélos est utile pour les villes car elles ont désormais à leur disposition des chiffres précieux permettant de s’adapter à l’évolution des tendances d’utilisation du réseau. Ainsi, il est plus simple pour les communes de savoir quelles pistes ont besoin d’entretien régulier ou quels quartiers ont besoin de solutions d’aménagements pour fluidifier la circulation si celle-ci est trop dense.

Si les chiffres rendent grand service à notre ville, la publication des données récoltées est très utile pour les utilisateurs aussi 🙂 .

C’est une bonne source d’information en tant qu’habitant, cela permet d’avoir une idée de l’évolution des habitudes de déplacements de la population. Cette petite invention peut assouvir la curiosité de beaucoup d’entre nous si nous souhaitons juste savoir combien de personnes fréquentent notre quartier mais cela nous permet aussi de mieux connaitre l’état des pistes cyclables et savoir lesquelles sont les mieux adaptées pour nos trajets. Tous les aspects du comptage vélo nous apportent donc des indications supplémentaires sur la cyclabilité de notre ville.

 

Comment fonctionnent ces éco-compteurs ?

Il existe à ce jour deux manières de chiffrer le nombre de passages dans nos rues :

  • Le comptage manuel, méthode classique
  • Le comptage automatique, grâce aux technologies

Le comptage manuel

Le comptage manuel permet de mesurer le nombre de passages à un moment T. L’avantage de cette méthode est qu’elle ne nécessite pas de matériel particulier mais un besoin humain sur une période prédéterminée. Exception faite de la limite du temps d’évaluation, cette méthode permet d’avoir une certaine flexibilité et des informations plus poussées, notamment :

  • le genre et profil des usagers
  • le moyen de locomotion utilisé
  • la facilité d’utilisation du réseau
  • quelle direction les cyclistes prennent
  • de quelle direction ils viennent

Le comptage manuel permet donc globalement d’obtenir d’autres données qui seraient plus difficiles à analyser avec un compteur automatique « aveugle ». Ce type de comptage reste une méthode fiable mais qui peut cependant coûter plus cher aux collectivités en fonction de la durée de l’évaluation, de la rémunération de la personne responsable de la gestion du comptage et de la combinaison des données récoltées.

 

Le comptage automatique

comptage automatique technologie ZELT

 

Le comptage automatique est désormais possible grâce à de nouveaux outils technologiques qui permettent de mesurer de manière continue le nombre de passages sur une voie. Cette technique permet d’apprécier les évolutions à plus long terme car comme son nom l’indique, le processus d’enregistrement est automatique. La technologie la plus régulièrement utilisée est la boucle à induction. Prêtez attention sur votre parcours quotidien, vous visualiserez certainement des croisillons sous l’asphalte de votre piste cyclable.

 

Son fonctionnement repose sur une variation du champ magnétique de la boucle, due aux parties métalliques du vélo passant sur la boucle. On espère que ça fonctionne aussi quand on passe avec deux roues à l’avant comme avec un AddBike 😉 .

 

Cette technologie permet à elle seule d’obtenir des données de passage :

  • génériques (date, heure, vitesse kilométrique)
  • sur les voix partagées (bus, cycles, taxis, voitures) et de différencier chaque utilisateur
  • sur le sens de circulation des vélos
  • en temps réel avec un affichage sur un panneau lumineux

Chaque donnée enregistrée est directement envoyée sur un portail en ligne qui permet aux municipalités d’exploiter ces informations et d’avoir une idée moyenne des tendances de fréquentation.

Les dernières innovations d’éco-compteurs déjà dans nos villes

interface cometh de l'éco compteur

 

La recherche et le développement permettent d’apporter des améliorations de manière continue aux compteurs automatiques. Dévoilée récemment par l’entreprise Eco compteur, l’interface Cometh est un bon exemple de nouveauté dans ce domaine. En effet, ce bijou de technologie apporte quelques éléments innovants au comptage de vélo traditionnel. En plus d’effectuer un comptage classique des vélos et piétons, il est doté d’un outil d’alerte permettant d’envoyer un signal aux automobilistes pour prévenir de l’arrivée de cyclistes, tenir les usagers informés des éventuels travaux, synchroniser les feux de route selon le débit de passage des cyclistes, tout cela en facilitant le partage de données aux décideurs grâce aux analyses réalisées en direct. De quoi intégrer au mieux les cyclistes à la circulation urbaine !

 

 

Et vous ? Savez-vous combien de personnes circulent à vélo dans votre quartier ?

Compteur de vélo à Lyon

Les grandes villes en France ont déjà mis en place ce système de comptage car l’usage du vélo a fait un boom ces dernières années. Selon une enquête des villes et territoires cyclables, le trafic cycliste a été multiplié par trois entre 2002 et 2010 dans les villes de Lyon, Bordeaux et Paris ; de quoi encourager les municipalités à aménager des espaces adaptés à ces évolutions, qui permettront encore d’augmenter le trafic dans un cercle vertueux. Ces données sont un grand atout pour les collectivités, notamment dans le cadre d’une planification de politique vélo. Si vous êtes vous-même cycliste en milieu urbain et dans une ville relativement grande, vous avez surement déjà vu un de ces compteurs sur votre chemin.

image note

L’utilisation de comptage vélo est en pleine croissance dans toute la France et chaque ville recherche à avoir le plus de données possibles sur l’état du trafic cycliste pour s’adapter aux évolutions et surtout de se revendiquer comme ville cyclable et rentrer dans le top 10 des villes « où il fait bon vivre » 🙂 .

De plus, les progrès menés sur les différents systèmes de compteurs permettent d’avoir des données de plus en plus précises et leur digitalisation rend leur analyse plus simple, plus rapide et rend même le système ludique et pratique pour les cyclistes. Cette méthode de comptage tend à se démocratiser et toutes les villes françaises pourraient prochainement avoir les moyens d’équiper leur collectivité. Si votre ville n’a pas encore de compteur, cela sera probablement pour bientôt.

 

Bref, plus il y aura de cyclistes urbains, plus les villes prendront des dispositions pour aménager des espaces adaptés et rendre leur territoire encore plus agréable à pédaler. Alors tous en selle !

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur la mise en œuvre des comptages de vélos dans les principales grandes villes françaises, vous pouvez consulter l’excellente synthèse réalisée par le Club des Villes et Territoires Cyclables. Vous pourrez y trouver à la fin, quelques éléments intéressants sur le trafic cycliste des 16 villes qui ont participé à l’étude. Y-a-t-il la vôtre ? 
Mathilde RACAT la petite plume d'AddBike
Mathilde RACAT
Communication & Webmarketing
Posted in Non classé.