L’accidentologie à vélo : où en-est-on ?

Accidents à vélo et mesures de sécurité routière: où en est-on ?

L’hiver s’éloigne, les jours rallongent, à vous à nouveau les petites balades en famille et l’utilisation du vélo au quotidien ! Mais enfourcher sa monture à deux (ou trois) roues est-elle une activité risquée ? Est-ce que l’augmentation de l’utilisation du vélo en ville s’accompagne d’une recrudescence des accidents ?

Les chiffres de la sécurité routière sont une précieuse source d’information pour comprendre quand et comment ont lieu les accidents qui impliquent un cycliste.

Sur les 25,8 millions de vélo estimés en France, il n’y a eu qu’un peu plus de 4000 accidents sur l’ensemble de l’année écoulée. Les vélos représentent 7% des accidents de la circulation et 3,4% des tués sur la route.
D’après les données du registre du Rhône, par heure de circulation, un cycliste a toutefois 10 fois moins de risque d’être tué lors d’un accident de la route qu’une moto ou un scooter !

C’est certes en ville que les risques d’accidents sont les plus élevés, puisque 83% des accidents à vélo ont lieu en milieu urbain ! Il s’agit principalement de collisions entre cyclistes et voitures/poids-lourds dues a un non-respect de la signalisation ou une mauvaise prise en compte du vélo dans les espaces urbains. Il s’agit en majorité d’accidents légers avec peu ou pas d’hospitalisation. La mauvaise visibilité des vélos arrive en troisième cause d’accident, particulièrement, cette fois, à cause des défauts d’éclairage sur les vélos. Pensez à vérifier vos bandes réfléchissantes et vos éclairages avant de partir ! Les accidents mortels à vélo sont cependant moins fréquents en ville qu’à la campagne (43% en ville, 57% en campagne), en grande partie grâce à la vitesse moindre des véhicules impliqués dans ces accidents (<50km/h).

Il est important de noter qu’en plus du facteur vitesse, la politique d’aménagement des voiries joue un rôle sur la nature et le nombre d’accidents à vélo. Les aménagements urbains sont un bon moyen de sécuriser les routes pour tous. Les études montrent ainsi une diminution du nombre d’accidents dans les zones à faible vitesse (30km/h au lieu de 50km/h) et lors du développement de politique de la ville pro-vélo, comme lors de la mise en place d’aménagements adaptés (pistes cyclables, double-sens cyclables, cédez-le-passage cyclables…). Avec l’augmentation importante du trafic cycliste dans la plupart des grandes villes françaises, les municipalités mettent les bouchées doubles, la plupart du temps en étroite collaboration avec les associations locales de promotion du vélo, pour réaliser des parcours continus sécurisés et bien étudiés. L’enquête nationale 2015/2016 de l’Observatoire des Mobilités Actives menée par le Club des Villes et Territoires Cyclables donne un panorama complet des outils utilisés pour rééquilibrer la voirie en faveur des mobilités actives. Et le cercle vertueux est enclenché : plus il y a d’aménagements, plus le nombre de cyclistes augmente, plus les autres usagers de la route prennent l’habitude de les voir circuler et font attention à eux.

Les chiffres de la sécurité routière sont aussi un bon moyen de se rendre compte de l’importance à accorder à la sécurité de nos enfants. Selon le Conseil National de Sécurité Routière, porter un casque permet de réduire de 70% le risque de blessure à la tête. C’est ainsi dans l’optique de protéger les plus jeunes et d’inculquer les bons comportements qu’à partir du 22 mars 2017, le port du casque pour les enfants de moins de 12 ans deviendra obligatoire pour tous. La nouvelle loi, votée en décembre 2016 s’appliquera aux enfants, qu’ils soient conducteurs de leur propre vélo ou simples passagers (dans un siège adapté , une box comme la Carry’Box+ Kid d’AddBike ou un vélo-cargo classique). En cas d’absence du casque, c’est une amende de quatrième catégorie de 135 euros que risque l’accompagnant.

Enfin, pour nos amis cyclistes habitués aux sorties loisirs sur route, il ressort des données de la sécurité routière que rouler à plusieurs augmente largement la sécurité de l’ensemble des membres du groupe ! Et que plus la distance est longue, plus cet effet s’accentue. Les raisons d’un tel résultat ? Elles sont simples. Premièrement, rouler à plusieurs rend les cyclistes plus visibles aux yeux des automobilistes, que ces derniers roulent en file indienne, ou en groupe. Les automobilistes adaptent ainsi leur vitesse et augmentent leur distance de sécurité avec les vélos. Deuxièmement, en roulant en groupe, les cyclistes eux-mêmes adoptent un comportement plus prudent lors de leur déplacement. Les changements de direction sont signifiés plus clairement aux autres usagers de la route, les arrêts plus marqués et le taux d’équipement de sécurité (casque, protection) plus élevé.

Sur la route, à vélo comme en voiture, l’essentiel est de ne pas oublier les autres usagers et de partager l’espace !

 

 

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