Rouler en ville (à vélo) et respirer !

pollution lyonRouler en ville (à vélo) et respirer !

Aujourd’hui, 1600 villes dans le monde sont sous surveillance continue en ce qui concerne les principaux polluants atmosphériques : et comme on peut s’y attendre, les résultats sont édifiants : seulement 12% des villes surveillées sont conformes aux lignes conductrices déterminées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). La moitié des urbains y vivant est exposée à une pollution 2,5 fois plus élevée que le niveau recommandé.
En Europe, le constat est lourd : selon l’OMS, chaque citoyen européen perdrait 8,6 mois de vie en respirant quotidiennement l’air pollué de nos villes ! Modes de chauffage et transports carbonés sont au premier rang des accusés.
En France, on rejette souvent la responsabilité de ces chiffres effrayants sur le diesel. A l’heure actuelle 60% des véhicules à moteur fonctionnent avec ce carburant, suite à une politique de soutien fiscal depuis plusieurs décennies.

En juillet 2015, le rapport du Sénat « Pollution de l’air, le coût de l’inaction » a révélé que le coût sanitaire annuel de la pollution de l’air extérieur pour la France est estimé entre 68 et 97 milliards d’euros par an (ce qui représente entre 40 % et 60 % du budget de la branche maladie de la Sécurité Sociale).

 

Que faire ? Plusieurs initiatives en France tentent de résoudre le problème en misant sur la coordination de plusieurs mesures ou l’émergence de projets innovants

Ainsi de l’appel à projets « Villes respirables en 5 ans » lancé en 2015 par le Ministère du Développement Durable suite à la procédure d’infraction engagée par la Commission Européenne contre la France dans le cadre du dépassement des seuils de particules fines. Le but est de faire émerger les mesures exemplaires pour améliorer la qualité de l’air en agissant dans le domaine de la mobilité mais aussi sur l’industrie, l’agriculture ou l’habitat, selon les enjeux locaux. 25 groupements de collectivités représentant 735 communes et près de 15 millions d’habitants ont été retenus et bénéficieront d’un appui financier et méthodologique.

Auparavant, la législation avait imposé la mise en place de Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA) dans toutes les zones où les valeurs cibles de qualité de l’air sont régulièrement dépassées. Les PPA regroupent à la fois les mesures préventives permettant de réduire les sources de polluants et les dispositifs temporaires pouvant être activés en cas de pic de pollution.

 

Les mesures en faveur de la mobilité active (et donc du vélo)

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Dans le cadre de son Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA), la Métropole de Lyon encourage les « modes de déplacement doux ». A l’heure actuelle, les déplacements à vélo représentent 4% des transports globaux, 520 kilomètres de pistes cyclables font maintenant partie du paysage urbain lyonnais. Les efforts du territoire lyonnais ne se sont pas arrêtés là, le tunnel « modes doux » est aussi une preuve de l’ambition du Grand Lyon de faire de son centre-ville un espace facilement praticable en vélo. Quant au Cycloville c’est aussi une nouvelle pratique de la ville, il s’agit du même principe que de réserver un taxi mais le voyage se fait en vélo.

 

A l’étranger, une initiative de plus grande ampleur est apparue il y a déjà plusieurs années : Ciclovia est née en 1976 en Colombie et a essaimé en Australie, en Argentine, au Canada, en Nouvelle-Zélande… Les villes l’ayant mis en place ont amélioré la qualité de leur air en encourageant les modes de transport actifs et en donnant la priorité à des réseaux de transport public urbain, à la marche et au vélo. Ciclovia consiste principalement en la fermeture des grands axes routiers aux automobiles une fois par semaine  (c’est un équivalent beaucoup plus régulier de l’expérimentation française « dimanche sans voiture »). Ces événements ont un impact positif sur la qualité de la vie, l’environnement et la promotion des modes de déplacement durable, en démontrant qu’il est possible de rendre la ville aux cyclistes et aux piétons. Certainement un exemple à suivre.

Jakarta_Car_Free_Day(Jakarta, « the day car free »)

Une question subsiste : compte tenu du niveau de pollution dans l’air qu’on respire en ville, ne prend-t-on pas de risque à circuler à pieds ou à velo lors des pics de pollution ?

Une étude a été faite à Londres avec 6 volontaires utilisant différents modes de transport : marche, vélo, bus et voiture. Certains ont pris une route encombrée par la circulation et d’autres des routes plus calmes. Sur la route encombrée, l’étude a montré que les personnes qui souffrent le plus de la pollution sont celles dans les voitures : elles reçoivent 2 fois plus de pollution que celles à pied et 8 fois plus que les cyclistes (qui sont 13 fois plus rapides que les voitures !!). La circulation en ville étant peu fluide, les voitures restent longtemps à l’arrêt les unes derrière les autres, pendant ce laps de temps l’air pollué s’infiltre dans les systèmes de ventilation et se dilue dans l’habitacle de la voiture. Les avantages de se déplacer à vélo sont multiples : le cycliste ne se trouve pas directement derrière les pots d’échappement et l’air pollué n’est pas piégé dans un espace, ainsi ils réduisent la pollution atmosphérique mais aussi celle à laquelle ils sont eux-mêmes exposés

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Cycliste

Ne redoutez donc pas d’enfourcher de rouler en ville à vélo, vous n’abîmerez pas plus vos poumons qu’installé derrière votre volant et vous gagnerez la fierté de contribuer au bien-être de tous.

 

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